«Quelques grammairiens, dit Laveaux, ont imaginé de débarrasser ce verbe des difficultés de cette conjugaison, et ils conjuguent ainsi: je m’assois, tu t’assois, il s’assoit, nous nous assoyons, etc. J’assoyais, J’assoirai, j’assoirai, assois-toi, qu’il s’assoie, que nous nous assoyions, qu’ils s’assoient, s’assoir, s’asseyant, assis.
«Il est certain que cette manière de conjuguer ce verbe est beaucoup plus commode, et qu’il serait à souhaiter qu’elle fût adoptée; mais elle ne l’est pas encore généralement.»
ASSOUVIR.
| Locut. vic. | Après avoir assouvi sa soif. |
| Locut. corr. | Après avoir satisfait sa soif. |
Il nous semble aussi incorrect de dire: assouvir la soif (le Temps, feuilleton du 25 janv. 1832), qu’il le serait de dire: étancher la faim. Que dans ces deux locutions on transpose les deux verbes, et chacun d’eux se trouvera alors à sa véritable place. Le Dictionnaire de Trévoux contient, il est vrai, cette phrase: Cet ivrogne n’est jamais assouvi de vin; et, ce qu’il y a de singulier, c’est qu’il rapporte cet exemple après avoir défini plus haut le verbe assouvir: rendre saoul et rassasié de viandes. Il faut alors que l’auteur ait eu l’intention de parler de ces vins épais dans lesquels on trouve, comme on le dit vulgairement, à boire et à manger.
ASSUMER.
La remarque que nous avons à faire sur ce verbe, c’est qu’il peut être employé sans que la conscience grammaticale du puriste le plus méticuleux puisse aucunement s’en alarmer. Il est bien vrai qu’on ne le voit accueilli par aucun de nos lexicographes, depuis Nicod jusqu’à M. Raymond, mais nous ne voyons là qu’un simple oubli de leur part. Comment s’imaginer qu’ils aient considéré ce mot si sonore et si régulièrement formé comme un membre indigne de notre élégant idiôme! Nous n’y voyons pas la moindre apparence. Il pourra donc être de quelque utilité que nous ayons constaté cet oubli.