ARTILLERIE.

Prononc. vic.Artilerie.
Prononc. corr.Artillerie.

On doit prononcer les deux l de ce mot comme on les prononce dans fille, famille, quille, etc.


ARTISTE.

Des gens, d’une susceptibilité que nous n’hésitons pas à taxer de ridicule, ont voulu trouver un vice dans l’extension donnée à la signification du mot artiste, lequel comprend aujourd’hui non-seulement les peintres, les musiciens, les dessinateurs, les graveurs, mais encore les acteurs, les chanteurs, les danseurs. Nous ne voyons dans cette extension rien que de fort raisonnable. Les acteurs, chanteurs, danseurs, etc., cultivent un art comme les peintres, les musiciens, etc., et ont dès-lors le droit de se nommer artistes. Nous plaignons le peintre, le musicien, etc., dont l’orgueil pourrait être blessé par cette phrase: Talma fut un grand artiste. Son raisonnement ne serait guère solide, s’il ne voyait combien l’acteur jette ici d’éclat sur le mot artiste. Une Mars, un Elleviou, une Taglioni sont-ils gens qui puissent faire rougir ceux auprès de qui ils se trouvent? Tous les acteurs, toutes les actrices ne sont pas, il est vrai, des Talma, des Mars; tous les chanteurs ne sont pas des Elleviou; toutes les danseuses ne sont pas des Taglioni; mais tous les peintres, tous les musiciens sont-ils donc des Raphaël, des Mozart, etc.? Nous pensons que la prétention de mettre en dehors du titre d’artiste les personnes qui cultivent la déclamation, le chant, ou la danse, n’a jamais pu exister que dans l’esprit étroit de certains prétendus artistes dont la vanité, peu accoutumée aux jouissances, eût désiré avoir au moins, comme fiche de consolation, celle de pouvoir se placer, de par l’autorité de la grammaire, devant un assez bon nombre de gens de mérite.


ASSEOIR.

Locut. vic.Je m’asseois, assois-toi, assis-toi, que je m’assoye, etc.
Locut. corr.Je m’assieds, assieds-toi, que je m’asseye, etc.

«Il n’y a point de verbe, dit la Grammaire des grammaires, qui ait éprouvé autant de variations dans sa conjugaison; mais enfin l’Académie (Dict. édition de 1762 et de 1798), Wailly, Restaut, Gattel, Levizac, Sicard, la plupart des grammairiens modernes, et enfin l’usage, ont décidé qu’il se conjuguerait suivant le modèle que nous indiquons. Je m’assieds, tu t’assieds, il s’assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s’asseient.—Je m’asseyais, nous nous asseyions. Je m’assis, nous nous assîmes.—Je m’assiérai, ou je m’asseierai, nous nous assiérons ou nous nous asseierons.—Je m’assiérais ou je m’asseierais, nous nous assiérions, ou nous nous asseierions.—Assieds-toi, asseyons-nous.—Que je m’asseye, que nous nous asseyions.—Que je m’assisse, que nous nous assissions.—S’asseoir.—S’asseyant.—Assis, assise