[3] Un grammairien prétend que le mot nones n’a pas de singulier. Nous pensons au contraire que c’est le pluriel qui manque, et que l’on doit toujours écrire none. None est une francisation du latin nona (sous-entendu horá), comme tierce l’est de tertia, sexte de sexta, etc.


VERMICHELLE, VIOLONCHELLE.

Prononc. vic.Vermichelle, violonchelle.
Prononc. corr.Vermicelle, violoncelle.

Plusieurs grammairiens veulent que l’on prononce vermichelle, violonchelle, parce que les mots vermicelle, violoncelle, viennent de l’italien, et que, dans cette langue, le c devant une voyelle liquide se prononce comme notre ch. Pour réfuter victorieusement, il nous semble, cette opinion, il suffit de faire remarquer que ces mots, en passant dans notre langue, ont perdu la terminaison italienne, qu’ils sont actuellement tout-à-fait français, et qu’il serait par conséquent absurde de vouloir leur appliquer une prononciation étrangère. Le naturalisé ne perd-il pas ses droits aux privilèges de sa première patrie? Si ces mots avaient conservé toute leur physionomie italienne comme Mezzo-termine, par exemple, il serait fort raisonnable de les prononcer comme en italien. Mezzo-termine n’est qu’un étranger qui voyage en France, et n’est pas, Dieu merci, encore naturalisé. Mais vermicelle et violoncelle ne sont pas dans le même cas que Mezzo-termine, et l’on ne doit pas plus prononcer vermichelle, violonchelle à l’italienne, que Mézotermine à la française. Et pour revenir à cette dernière expression, comment le Dictionnaire de l’Académie de 1802 a-t-il pu croire enrichir notre langue en lui faisant ce cadeau, quand nous avons déjà celle de terme-moyen qui traduit exactement la première, et que nous devrions préférer, quand ce ne serait que par esprit national. Mais parlez de cela à certaines gens! ils ne vous écouteront pas. Ils aiment infiniment mieux faire étalage d’un mauvais lambeau d’érudition, que de se rendre aux conseils du bon sens.


VERS.

Prononc. vic.Votre ami fait des ver se.
Prononc. corr.Votre ami fait des ver.

Les méridionaux prononcent le mot vers conformément à l’axiôme suivant qui jouit d’une grande autorité parmi eux: Toutes les lettres sont faites pour être prononcées, axiôme fort raisonnable au fond, mais qui est cependant encore fort hétérodoxe en France. En attendant qu’il triomphe, nous engageons nos compatriotes les méridionaux à le mettre un peu moins en pratique; ils n’en paraîtront que plus Français.