Madame de Genlis blâme aussi l’emploi de cette manière de parler, qu’elle attribue bien gratuitement au langage révolutionnaire. (Mém., t. V, p. 92.) Il y a ici parachronisme. Mille exemples pourraient servir à prouver qu’avant la révolution nos bons auteurs ont fait usage de ces locutions elliptiques, et nous pensons que ces autorités peuvent bien balancer avec quelque avantage celle d’un sot purisme qui repose uniquement sur un caprice de grand monde.
VIS-A-VIS.
| Locut. vic. | Je demeure vis-à-vis son hôtel. | |
| Il a été ingrat vis-à-vis de moi. | ||
| Locut. corr. | Je demeure vis-à-vis de son hôtel. | |
| Il a été ingrat envers moi. | ||
Vis-à-vis doit toujours être suivi de la préposition de, et ne peut jamais se placer devant un nom de personne, avec la signification de envers, à l’égard de.
Dans les vers suivans:
Déjà placé vis-à-vis sa servante,
Le bon pasteur a saisi son couteau.
(Désaugiers, Rien qu’une, conte.)
Vis-à-vis est bien placé, parce qu’il signifie: en face de; mais il fallait vis-à-vis de.