«L’Académie dit qu’on prononce assez communément avène. L’Académie se trompe. Il n’y a que les gens de la campagne et les garçons d’écurie qui disent avène ou plutôt aveine. L’Encyclopédie dit avoine. Il n’a de pluriel qu’en parlant des avoines quand elles sont encore sur pied. Les avoines sont belles, on commence à faner les avoines. Je crois cependant qu’en termes de commerce on peut dire: il a acheté des avoines, pour signifier des avoines de différentes espèces et achetées à divers marchands.» (Laveaux. Dict. des Diff.)

Malgré ce que dit Laveaux, nous ne serions pas étonné que d’autres personnes que des gens de la campagne ou des garçons d’écurie, persistassent à dire et écrire avène ou aveine, car on dit en latin avena, et l’on sait combien la raison de l’étymologie a de force auprès de certaines personnes.


AVEUGLEMENT.

Locut. vic.L’aveuglement développe chez l’homme les sens de l’ouie et du toucher.
Locut. corr.La cécité développe chez l’homme les sens de l’ouie et du toucher.

«Ce mot n’est plus synonyme de cécité. Cécité se prend au propre, et aveuglement au figuré.» (Ch. Nodier. Examen crit. des Dict.)

Ainsi cette phrase est défectueuse: les passions nous causent une cécité funeste. Il faut: un aveuglement funeste.

Comment se fait-il qu’un dictionnaire récent comme celui de M. Raymond définisse ainsi le mot aveuglement: privation ou perte du sens de la vue? Que deviendra le principe si important de la propriété des termes, si les lexicographes sont les premiers à donner l’exemple de la confusion?

Aveuglement, adverbe, prend un accent aigu sur le second e, aveuglément. Comme l’adverbe de manière se forme du féminin de l’adjectif, en ajoutant la terminaison ment, et que l’adjectif aveugle n’est pas plus accentué au féminin qu’au masculin, nous remarquerons qu’on ferait beaucoup mieux d’écrire aveuglement adverbe, comme aveuglement substantif, c’est-à-dire sans accent.