Locut. vic. Ils sont allés baigner ensemble.
On trouva son frère baignant dans son sang.
Locut. corr. Ils sont allés se baigner ensemble.
On trouva son frère baigné dans son sang.

Lorsqu’il est question de l’action d’une personne qui prend un bain, le verbe baigner doit toujours être pronominal; je me baigne, tu te baignes, etc. Il ne devient neutre que lorsqu’il exprime une chose ou un être inanimé qui trempe dans un liquide: Ces fruits doivent baigner dans l’eau-de-vie; le cadavre du cheval baignait dans le lac. Quant à la seconde locution, l’Académie ne l’admet pas, et Féraud la repousse positivement. On pourrait dire, il est vrai, sauf l’hyperbole, on trouva cet homme nageant dans son sang; mais il y a une distinction à faire à ce sujet; c’est que nager exprime une action, et que baigner, verbe neutre, exprime un état, et que, conformément à l’usage, l’un est toujours employé au participe présent, et l’autre au participe passé. On ne peut pas plus dire un homme baignant dans son sang qu’un homme nagé dans son sang. Le participe présent implique dans un verbe neutre d’action l’idée d’un mouvement qu’on trouve fort rarement dans l’homme qui baigne dans son sang; le participe passé, au contraire, dénotant naturellement l’absence de vie, nous paraît convenir tout-à-fait dans cette circonstance. Aussi le participe présent et le participe passé ont-ils reçu, dans certaines nomenclatures grammaticales, le premier, le nom de participe actif, et le second, celui de participe passif.


BAILLER.

Locut. vic.Allons, vous baillez aux corneilles.
Locut. corr.Allons, vous bayez aux corneilles.

«Béer est le mot propre, dit M. Charles Nodier (Examen crit. des Diction.); mais bayer s’y est substitué». L’auteur du Dictionnaire comique aime mieux aussi écrire béer. Le mot béant, qui n’est autre chose que le participe présent du verbe béer, tenir la bouche ouverte en regardant niaisement, semble assez indiquer que cette dernière orthographe devrait être préférée. Cependant l’usage, en cette occasion, comme dans beaucoup d’autres, a prévalu sur la raison, et l’on écrit aujourd’hui bayer.


BALIER.

Orth. vic.Baliez cet escalier.
Orth. corr.Balayez cet escalier.

De balai on a fait balayer. Il faut donc écrire ainsi ce verbe et le prononcer balai-ier.