Partant de là, si nous adoptons l'orthographe de [p.441]Méon, «li autres frères» serait régime; dans l'autre cas, il devient sujet. Donc deux traductions se trouvent en présence:
1° Sachent, de sachier (tirer, exploiter): «Et qui exploitent tous les autres frères.»
2° Sachent, subj. de savoir: «Et que le sachent tous les autres frères.»
Nous nous sommes, tout en respectant l'orthographe de Méon, dont nous tenons à reproduire le texte exact, rangé à l'opinion de M. Francisque Michel. La rime, en effet, indique que frere doit s'écrire sans s. Or, bien que plusieurs fois nous nous heurtions à de pareilles licences, qui cependant ne rendent pas le sens douteux, nous reconnaissons qu'elles ne sont que des exceptions, et nous ne sommes pas obligé d'en voir une ici. La première traduction nous séduit cependant beaucoup plus que celle que nous avons adoptée; elle est tout à fait dans le goût de l'auteur et nous semble bien plus rationnelle ici.
Ajoutons que tuit (toti), était primitivement le sujet, et tous (totos) le régime. Deux vers plus haut, nous lisons:
Li Jacobin sunt tuit prodomme.
Note 49, page [164].
Vers 12852. Nous avons encore à signaler une singulière erreur de M. Francisque Michel. Pourquoi repousse-t-il ce vers après:
Por tant qu'il le puisse savoir...?
Il l'a fait, à nos yeux, sans rime ni raison.