Vers 13741. Hez. Quel est ce mot? Le sens est indiscutable: hez signifie qu'il aille. Est-ce une faute d'orthographe, et devons-nous lire vez ou vese pour voise? M. Francisque Michel a écrit carrément aut. C'est bien le sens, mais de quel droit? Jehan Dupré et Marot donnent hay. Dans hay, doit-on voir haye, pour aille, qui se prononcent de même, comme aujourd'hui: travailler, essayer?
Quoi qu'il en soit, nous nous contenterons de signaler l'antique haie! (pron. haille), resté dans la langue, et qui signifie va! dans l'argot des charretiers; puis haz, hax, qui signifie saut, enjambée; d'autre part hay, qui signifie âne (asinus), et enfin nous nous permettrons de rapprocher de ces différents termes le mot hazeteur, qui veut dire meunier (probablement de azenia, que Du Cange signale comme employé dans le sens de moulin à eau).
Note 63, pages [224]-[225]. [p.448]
Vers 13752-13884. Saint Liffard, prêtre et abbé de Meung-sur-Loire, bourg et château de France, entre Orléans et Beaugency.
Nos anciens poètes employoient souvent les noms des saints dans leurs vers, sous prétexte de donner plus d'autorité aux choses qu'ils avançoient. Pour moi, je crois qu'il faut regarder ces noms-là comme des chevilles placées seulement pour la facilité du vers, toutes les fois que ces saints n'ont aucun rapport aux faits pour lesquels les poètes les appellent en garantie. (Lantin de Damerey.)
Vers 13810-13946. Demophon, ou Demophoon, étoit fils de Thésée et de Phèdre. Comme il revenoit de la guerre de Troie, il fut poussé par la tempête sur les côtes de Thrace, où régnoit Philis. Cette princesse, qui avoit le cœur tendre, devint amoureuse de Demophon: elle lui proposa de l'épouser; il y consentit; et quelque temps après il la pria de le laisser retourner à Athènes pour mettre ordre à ses affaires. Son voyage fut long; et son amante, au désespoir d'une si longue absence, s'imagina qu'il lui avoit manqué de foi; elle se pendit et fut changée en un arbre que l'on appela Phylis ou amandier sans feuilles.
Demophon étant revenu après ce tragique accident, il embrassa ce tronc infortuné, qui, sensible aux caresses de ce prince, parut tout à coup couvert de feuilles. (Métamorphoses d'Ovide.) On peut lire [p.449]les regrets de Phylis et son impatience sur le retour de son mari, dans la seconde épître des Héroïdes, d'Ovide. (Lantin de Damerey.)
Vers 13813-13951. Pâris, surnommé Alexandre, fils de Priam et d'Hécube. Sa mère songea, pendant sa grossesse, qu'elle mettoit au monde un flambeau qui devoit embraser la ville de Troie: ce songe l'ayant effrayée, elle eut recours à l'oracle, qui répondit que l'enfant dont elle étoit enceinte seroit un jour la cause de la ruine de sa patrie. Priam, voulant prévenir ce malheur, donna ses ordres pour que l'on fît périr cet enfant aussitôt qu'il auroit vu la lumière: la tendresse maternelle s'opposa à l'exécution d'un ordre si cruel. Elle confia l'éducation de son fils à des bergers. Lorsqu'il fut grand, il s'enflamma pour la nymphe ?none, fille du fleuve Xantus; il l'abandonna dans la suite pour la femme de Ménélas. Ce que l'auteur du Roman de la Rose raconte des amours de Pâris et d'?none est tiré de la cinquième épître des Héroïdes, d'Ovide. (Lantin de Damerey.)