Anciennement, le nom de Dominus ne se donnoit qu'à Dieu. Saint Martin, par une prérogative particulière, porta le premier ce titre qui, dans la suite, passa à tous les autres saints, que les légendaires et les sermonaires traitèrent longtemps de Monsieurs et même de Monseigneurs.

Il n'y a plus que les prédicateurs de villages qui [p.460]en usent ainsi, mais à tort, le titre de saint étant au-dessus de toutes nos qualités les plus relevées. (Remarques de la langue françoise.)

Saint Hiérome, qui mourut au commencement du Ve siècle, se plaignoit déjà de ce que les nouveaux religieux de son temps se vouloient attribuer le même titre que Jésus-Christ avoit donné à son père, quand il l'avoit appelé Abba, c'est-à-dire Père.

Ses plaintes auroient été plus vives s'il eût vécu dans un siècle où le nom d'abbé, qui vient d'abba, terme syriaque, est usurpé par le moindre petit clerc, sans autre titre qu'un petit collet. Cependant, à prendre le terme d'abbé dans son véritable sens, il ne devroit convenir qu'aux évêques, qui sont les pères des fidèles de leur diocèse, et aux abbés réguliers, tant à cause de leur juridiction qu'à cause qu'ils sont véritablement les chefs et les pères de leurs moines. Il est vrai que ce titre a passé sans aucune contradiction aux abbés commendataires, quoique denués de juridiction ecclésiastique, et renfermés dans les seuls droits honorifiques de leurs églises, moins étendus toutefois que ceux des abbés réguliers, en ce qu'ils ne peuvent y officier avec la mitre et la crosse; mais on ne les nomme abbés qu'à cause de leur qualité représentative des anciens abbés. (Lantin de Damerey.)

Note 89, pages [294]-[295].

Vers 14898-15060.

Ad metam properate simul; tunc plena voluptas,
Cum pariter victi femina virque jacent.
(Ovide, De Arte amandi, lib. II, carm. 727.)

Note 90, pages [296]-[297]. [p.461]

Vers 14907-15069.

Tu quoque cui Veneris sensum natura negavit,
Dulcia mendaci gaudia finge sono.
Infelix cui torpet hebes locus ille puellæ!
Quo pariter debent femina virque frui.
Tantùm, cùm finges, ne sis manifesta caveto.
(De Arte amandi, lib. III, carm. 797.)