Vers 17635-17859. Platon et les autres philosophes ont cru que les astres, dans leur révolution, faisoient un bruit pareil à celui de notre musique, et que le son étant un effet de la répercussion de l'air, par la [p.388] règle qui veut que de la collision violente de deux corps il en résulte un son, il est plus ou moins agréable, selon l'ordre qui est observé dans la percussion de l'air; et comme rien ne se fait tumultuairement dans le ciel, on infère de là que les astres, en faisant leur cours, forment une espèce de concert, parce que le mouvement violent produit nécessairement un son. Ce qui nous empêche de l'entendre, c'est que le son est trop fort. En effet, si les peuples qui habitent le long du Nil n'entendent pas le bruit que fait ce fleuve en roulant ses eaux, il ne faut point être surpris si le bruit que cause la révolution de la sphère est au-dessus de la portée de notre ouïe.

Platon a prétendu que la musique des astres étoit diatonique, parce que, dit-il, il y a trois genres de musique: l'enharmonique, le chromatique et le diatonique. Le chant du premier procède par quarts de tons; les Grecs s'en servoient anciennement, surtout dans le récitatif. Mais la difficulté qu'il y avoit à trouver ces quarts de tons en a fait perdre l'usage, d'autant plus que cette musique ne pouvoit avoir lieu dans l'harmonie. La musique chromatique est une modulation qui procède par le mélange des semi-tons, tant majeurs que mineurs, marqués accidentellement par des dièzes ou par des bémols. On la pratique dans la musique moderne, soit dans la mélodie, soit dans l'harmonie.

La musique diatonique est celle qui procède par des tons pleins, justes et naturels, dont les moindres intervalles sont des semi-tons majeurs, comme il est facile de l'observer dans l'intonation de l'étendue de l'octave, en commençant par la note ut.

La définition de Platon est plus succincte, car il [p.389] se contentoit de dire que le genre enharmonique n'est pas en usage, à cause de son extrême difficulté; que le chromatique a été regardé comme infâme à cause de sa mollesse, d'où il conclut que la musique des astres est diatonique. (Lantin de Damerey.)

Note 27, pages [70]-[71].

Vers 17661-17885. Nous avons émis l'opinion, à la note 21, qu'il y avait de fortes raisons de croire à l'intercalation postérieure de tout le passage du vers 17486-17705 au vers 19713-19977. Tous ces hors-d'œuvre n'étaient pas toujours éclos d'un seul jet, et l'auteur intercalait souvent de nouvelles inspirations au travers des premières. Tel est le passage compris entre le vers 17661-17885 et le vers 19661-19921:

Ne ne me plaing des élémens.

Note 28, page [74].

Vers 17718.

Vaincuz par mors si meschéans.