Cy devise se ung homme avoit esté navré de ung autre lequel apres le coup s’en fust fuy le poursuivist et le navrast se justice le vouldroit pugnir. xiii. chapitre.

Maistre il me souvient que avez dit cy devant que a l’omme en soy deffendant est permis de blescer ung autre/ & pource que toutes blesceurez par maltalent faictes l’un sur l’autre sont et pevent estre appellez des membres et deppendances de guerre te vueil faire telle question.

Ung homme a ung autre navré et sy tost qu’il a donné le coup s’en fuyt tant qu’il peut/ mais le navré tant le suyt qu’il l’ataint et semblablement le blesce/ sy demande se celluy qui poursuyt doibt estre pugny/ Car il sembleroit par les ditz que veu qu’il n’auroit pas passé les mettes de justice que premier blescé estoit/ s’il a apres blescé et mesmement s’il l’avoit occis/ par ce que j’entens de droit de deffence si en deveroit il estre excusé/ & avec cela fait sans actendre/ car s’il eust attendu jusques a autre jour/ je ne l’escuseroye pas pource que ce seroit vengance.

Je te respons ad ce que le cas que tu ditz est difference de juste deffence et privilegie/ c’est assavoir selon les droiz puis qu’il s’en fuyoit apres son coup/ la loy ne octroye pas que l’autre le deust poursuivir ne blescer/ & pour ce dessert pugnition/ mais vray est que trop plus grande l’a desservie cellui qui blesça/ & le second a desservye grande ou petite pugnition. Il y a entre les maistres plusieurs oppinions mais pourtant n’est pas doubte que le premier mouvement qui est de soy sentir feru justice n’y a que veoir puis que feru auroit esté de fer/ car pour garder sa vie les droiz seuffrent occir ung aultre/ & se tu me ditz peut estre que l’assaillant n’a pas voulenté d’occir. Je te respons que ce ne scet pas l’assailly/ aussy ne sont pas coups ferus a patron/ car tel cuide ferir qui occist. Et pour ce pourroit bien tant actendre le premier feru a occir/ que par l’assaillant se trouveroit occis.

Neantmoins doibt l’omme garder pour conscience et pour l’amour et tremeur de dieu qui ne occye autruy. car nulle chose ne desplaist plus a dieu que son semblable deffaire/ & celluy est le seul juge qui toutes choses a son droit pugnist ne riens ne luy peut estre celé.

Cy fait mention se ung homme d’armes emprunte harnoys et chevaulz et il les pert se rendre les doibt. xiiii. chapitre.

Maistre autre question te demande.

Ung chevalier d’allemaigne ou d’autre part vient a paris ou il treuve le roy prest pour aller en la bataille/ ledit chevalier qui de ce n’estoit adverti n’avoit pour lors harnoys qui fust propice pour soy/ mais comme desireux de servir le roy et son honneur accroistre fait tant que ung gentil homme qu’il le congnoist/ luy preste monture bonne et belle et le pourvoit de tresbon harnoys tel que a luy affiert/ advient que en la bataille celluy chevalier allemant pert chevaulz harnoys & tout ce qu’il a/ si que a peine tout nud peut il eschapper Apres laquelle chose le dessusdit gentil homme demande audit chevalier tout ce qu’il luy avoit presté/ sy est assavoir s’il est tenu selon droit d’armes de les restituer.

Je te respons que ceste question est assez clere en droit et es loix/ & pource te monstrer Je te dy au vray que puys que ledit chevalier a esté en la bataille pour laquelle avoit emprunté lesditz harnoys et chevaulz et que de riens n’en a fait fraulde n’est pas tenu de les rendre/ mais se aultre part estoit allé ou pour bareter les eust empruntez et que faintement monstrast les avoir perduz/ & que on peust savoir le contraire. Je diroye autrement.

Maistre s’il estoit ainsy que toutes lesdictes choses eust prinses a loyer de quelque marchant armurier les harnoys et les chevaulz de ung ou deux marchans et perduz les eust si que dit est/ seroit il pas tenu de paier & rendre le loyer.