— Non, je vous conduirai à Paris, chez le couturier de ma mère. En même temps vous choisirez tout le trousseau et les accessoires. Nous verrons cela dans une quinzaine de jours. Donnez-moi donc, maintenant, des nouvelles de tous les vôtres?

— J'ai reçu ce matin une lettre de Roland. Tout va bien là-bas, ma mère reprend des forces. Mais lui, le pauvre garçon, est désolé.

M. de Ghiliac, tout en écartant une branche qui menaçait le chapeau de sa femme, demanda d'un ton d'intérêt:

— Pourquoi donc?

— Mon père se refuse absolument à le laisser entrer au séminaire.

— Ah! en effet, il m'en avait parlé. Je comprends un peu qu'il ne soit pas très satisfait de voir cette vocation à son fils aîné.

— Mais il a d'autres fils! Et quand même, puisque Roland se sent réellement appelé de Dieu, ce sacrifice est un devoir pour lui, en même temps qu'il devrait lui paraître un honneur.

— Votre père voit les choses sous un jour différent. J'espère pour Roland que tout finira par s'arranger. Il m'a paru charmant, très sympathique. Dites-lui donc que je compte sur lui, en septembre, en même temps que sur votre père, puisque, malheureusement, votre mère ne peut voyager. Cependant, en sleeping, peut-être?…

— Je ne le crois pas. L'idée seule de bouger des Hauts-Sapins la rendrait malade. Puis, l'existence ici serait fatigante pour elle et préjudiciable aux enfants, à Marthe surtout, qui se laisserait facilement griser par le luxe et les mondanités. Je vous remercie beaucoup, Elie…

— Oh! je vous en prie! Il est trop naturel que je cherche à vous procurer le plaisir d'avoir tous les vôtres autour de vous. Mais puisque vous le jugez impossible pour le moment, nous verrons autre chose, plus tard… Tiens, la Reynie est ouverte! Au fait, il me semble que Mme de Brayles m'a dit qu'elle devait y passer quelques jours pour indiquer d'urgentes réparations à faire.