— Aussi modeste que belle alors? C'est parfait, et tu es un heureux mortel. Mais voilà une nièce que nous allons joliment gâter, je t'en avertis, Elie!
— Faites, mon oncle, ce n'est pas moi qui m'y opposerai.
— Non, j'imagine même que tu n'es pas le dernier à le faire de ton côté, riposta en riant le duc.
Mme de Versanges s'avançait à ce moment, tenant la main de Valderez.
Elle dit gaiement:
— Mon cher enfant, je suis au regret de n'avoir pas connu plus tôt la délicieuse nièce que vous nous avez donnée là. J'aurai bien de la peine à vous pardonner de nous l'avoir cachée si longtemps. Mais je m'en vengerai en vous aimant doublement, ma belle Valderez.
Et l'aimable femme baisa le front de la jeune marquise, un peu rougissante, mais émue et charmée de cette sympathie sincère.
— Ah! si j'avais une fille comme vous! Si j'étais à la place d'Herminie! Hélas! notre foyer est vide depuis longtemps!
Une douloureuse émotion brisa la voix de Mme de Versanges.
Valderez se pencha vers elle, son regard compatissant et respectueusement tendre se posa sur le fin visage de la vieille dame, encadré de bandeaux argentés:
— Ma tante, voulez-vous me permettre de vous aimer, de vous témoigner, autant qu'il sera en mon pouvoir, mon affection, bien impuissante, hélas! auprès de celle que vous avez perdue?