Les yeux d'Elie étincelèrent de nouveau; il dit à mi-voix:

— Non, je ne demande rien… je sais, maintenant.

Elle comprit, à son accent, à l'expression de sa physionomie, qu'il avait en effet tout deviné et que l'irritation grondait en lui. D'un ton de prière, elle demanda:

— Vous ne direz rien, Elie? Il faut oublier et pardonner. Je le fais bien volontiers, je vous assure, car je suis si heureuse maintenant!

Il baisa les cheveux aux reflets d'or en murmurant:

— Je ne suis pas si bon que vous, ma Valderez! Oublier et pardonner cela! Non, non!

— Vous le devez, Elie!

— Peut-être, à la longue… N'exigez pas trop pour le moment d'un imparfait comme moi, ma chérie, ajouta-t-il en souriant doucement aux grands yeux pleins de reproche. Je vous promets de ne rien dire, c'est tout ce que je puis faire; et encore est-ce parce que, malgré tout, je dois conserver le respect filial. Quant à Roberte, c'est autre chose…

— Laissez-la aussi, Elie!

— C'est impossible. Quand on trouve un serpent venimeux sur sa route, il faut l'écraser. Ne vous occupez donc pas de cela, Valderez. Dites-moi plutôt si, maintenant, toute méfiance a bien disparu, si vous croyez en moi, sans réserve?