Piotre, un hercule, appuya son épaule contre la porte, qui craqua et céda.
Alors, au fond de la petite salle, les hommes aperçurent Varvara, pâle, les yeux étincelants de rage…
— Sauvée!… Ah! quelle malédiction est sur moi! murmura-t-elle.
D'un geste prompt, elle sortit son poignard, l'enfonça dans sa poitrine et tomba sur le sol.
Quand Piotre se pencha sur elle, ses yeux étaient vitreux et son sang s'échappait à flots.
— Je crois que c'est fini, par là… Mais, dis donc, Michel, comprends-tu?…
— Ce n'est pas le moment de chercher à comprendre. La pauvre princesse est blessée au bras et elle ne bouge pas plus que si elle était morte. Je vais vite l'emporter au château. Quant à celle-ci, elle n'a plus besoin de rien. Le maître dira ce qu'on doit en faire. Mais le plus pressé est de soigner la princesse.
Et Michel, avec l'aide d'un de ses compagnons, emporta la jeune femme inanimée, dont le bras, atteint par les crocs du carnassier, saignait abondamment.
Comme ils s'engageaient dans le parc, ils aperçurent le prince Serge qui arrivait d'un pas rapide. A la vue du fardeau porté par ces hommes, il s'élança, et les gardes s'arrêtèrent instinctivement, stupéfaits devant cette physionomie bouleversée.
— Qu'est-il arrivé? dit-il d'une voix rauque.