— Une femme est-elle jamais malheureuse quand son mari l'entoure de luxe, la comble de toilettes et de bijoux, la conduit dans les fêtes les plus brillantes?
— Cela ne suffirait pas à Lise, peut-être. Elle est très sérieuse et très pieuse.
Les sourcils du prince se rapprochèrent.
— Pieuse? A quelle religion appartient-elle?
— Elle est catholique.
— Cela n'a pas d'importance. Une femme ne doit avoir d'autre religion que celle de son mari, et, dès qu'elle sera devenue la princesse Ormanoff, Lise suivra le culte orthodoxe.
Le regard effaré de Mme de Subrans se posa sur l'impassible visage de
Serge.
— Vous… vous l'obligeriez à quitter sa religion? balbutia-t-elle.
— Parfaitement. Pour mon compte, je n'ai point de croyances, mais mes traditions de famille et de race m'imposent la pratique apparente de la religion de mon pays. Il en doit en être de même pour ma femme.
— Serge, elle ne voudra jamais! Renoncez à cette idée, c'est impossible! L'enfant ne serait pas heureuse, d'ailleurs…