— Je ne puis épouser qu'un catholique! s'écria Lise avec un geste de protestation.
— Que tu es ridiculement exagérée, ma pauvre enfant! Ta mère et moi étions-nous catholiques? Cela a-t-il empêché que je vous laisse suivre à tous trois la religion de votre père?
— Mais… lui… voudrait-il? murmura Lise.
Les paupières de Catherine battirent un peu.
— C'est lui-même qui m'a dit que votre mariage serait béni à l'église catholique, répondit-elle d'une voix sourde. Tu verras qu'il n'est pas si terrible qu'il en a l'air. Avec de l'adresse, qui sait? tu en feras peut-être ce que tu voudras, petite Lise!
Elle essayait de sourire, mais si elle n'avait pas été placée à contre-jour, la jeune fille aurait vu avec surprise quel douloureux rictus tordait ses lèvres — ses lèvres menteuses qui trompaient une enfant innocente.
Lise cacha son visage entre ses mains.
— Est-ce possible!… est-ce possible que, tout d'un coup, je doive me décider!… Mais je puis réfléchir quelques jours, maman, demander conseil?
Le visage de Catherine se contracta. Demander conseil!… à son confesseur, sans doute? Qui sait si ce prêtre ne viendrait pas se mettre à la traverse! Il fallait, à tout prix, arracher à l'enfant une promesse.
— Réfléchir! Lise, le prince veut une réponse ce soir. Comprends-tu, il retrouve en toi sa première femme qu'il a beaucoup aimée, et depuis qu'il t'a vue, il ne vit plus, dans la crainte d'un refus. Pense donc, Lise, ce sera une charité de consoler ce veuf, de lui rappeler Olga…