Les mots sortaient avec peine des lèvres desséchées. A bout de force,
Mme de Subrans laissa tomber sa tête sur le dossier du fauteuil.

— Maman, maman! dit Lise avec angoisse.

Catherine était évanouie. La jeune fille appela Albéric, l'envoya chercher le médecin, puis essaya de faire revenir à elle sa belle-mère. Mais la syncope durait encore quand arriva le docteur Mourier.

— Est-elle donc plus malade, docteur? demanda Lise lorsque, Mme de Subrans ayant repris ses sens, le médecin s'éloigna après avoir écrit quelques prescriptions.

— Un peu plus, oui… Il faudrait lui éviter les grandes contrariétés, les trop fortes émotions. A-t-elle eu quelque chose de ce genre aujourd'hui?

— Oui, peut-être, murmura Lise en rougissant.

— C'est cela. Elle a besoin d'une grande tranquillité d'esprit, je ne vous le cache pas, mademoiselle Lise. A ce prix, elle peut vivre des années avec cette maladie.

Lise, en revenant vers la chambre de sa belle-mère, se sentait toute troublée. Etait-ce donc sa résistance à ce mariage qui avait occasionné cette secousse dont, visiblement, le docteur se montrait inquiet? Alors, si un malheur survenait, si Albéric et Anouchka devenaient orphelins, ce serait elle, Lise, qui en serait la cause?…

— Que faire, mon Dieu?… que faire? murmura-t-elle éperdument.

En l'entendant entrer, Madame de Subrans tourna vers elle son visage défait.