— Appuyez-vous sur moi, Lise, si vous vous sentez un peu faible.

Il la conduisait jusqu'au traîneau, l'y installa en la couvrant de fourrures et s'assit près d'elle. Puis l'équipage s'éloigna dans les allées neigeuses du parc, sous les rayons du soleil pâle qui éclairait le délicat visage émacié par la réclusion, et surtout par la souffrance morale.

Lise se sentait revivre en aspirant l'air froid et sec. Un peu de rose venait à ses joues trop blanches. Le prince ne parlait pas, sauf pour lui demander de temps à autre si elle n'avait pas froid, ou si elle ne se sentait pas fatiguée. Seulement, lorsque les fourrures glissaient un peu, il les ramenait avec soin autour d'elle.

Mais au retour, en descendant du traîneau, elle eut un vertige et serait tombée si les bras de Serge n'avaient été là pour la recevoir.

— Vite, le médecin! dit-il aux domestiques accourus au son des clochettes du traîneau.

Mais elle se redressait déjà.

— Ce n'est rien… un simple étourdissement. Le médecin est tout à fait inutile, murmura-t-elle.

Les bras qui la retenaient s'écartèrent, mais Serge garda sa main dans la sienne, et la conduisit jusqu'à son appartement où il la remit aux soins de Dâcha, en enjoignant à celle-ci de servir immédiatement à la jeune princesse du thé très chaud.

— Désormais, vous descendrez pour les repas, ajouta-t-il en s'adressant à Lise. Mais aujourd'hui, en raison de ce malaise, vous pourrez demeurer encore chez vous.

Son ton glacé enlevait à ses actes et à ses paroles toute apparence de sollicitude. La compassion était certainement étrangère à ce changement de régime. Lise pensa qu'il craignait de voir sa victime lui échapper trop tôt, et se décidait pour ce motif à la soigner quelque peu.