Elle se sentait anéantie, presque sans pensée. Albertine avait doucement pris sa main pour la passer sous son bras… Et cette marque d'affectueuse attention avait mis un léger baume sur le coeur brisé de Myrtô.
En arrivant sur le palier du quatrième étage, Madame Million demanda:
—Vous allez rester à déjeuner et finir la journée chez nous, mademoiselle Myrtô?… Et même y coucher, si vous le voulez bien, car ce serait trop triste pour vous…
Myrtô lui prit les mains et les pressa avec force.
—Merci, merci, Madame! Mais je préfère rentrer tout de suite, m'habituer à cette solitude, à la pensée de ne plus la voir là…
Sa voix se brisa dans un sanglot.
—… Demain, si vous le voulez bien, je viendrai partager votre repas… mais aujourd'hui, je ne peux pas… Ne m'en veuillez pas, je vous en prie!
—Oh! bien sûr que non, ma pauvre demoiselle! Faites ce qui vous coûtera le moins… Mais je vais aller vous porter un peu de bouillon…
—Non, pas maintenant, je ne pourrais pas. Ce soir, j'essaierai…
Elle leur tendit la main et entra dans l'appartement où la femme de ménage s'occupait à tout remettre en ordre.