—Je suis à votre disposition, dit-il en prenant la bride de son cheval.
Ils s'engagèrent dans le large chemin ménagé à travers les futaies magnifiques de cette partie du parc. Au bout de quelques instants, le prince demanda:
—De quoi s'agit-il, Myrtô?
Elle s'expliqua alors, en quelques phrases claires, elle lui répéta ce qu'elle avait dit autrefois à la comtesse Zolanyi…
Il s'arrêta brusquement, les traits contractés, et saisit le porte-monnaie que lui tendait la main de la jeune fille.
—Oh! pardon! dit-il d'une voix un peu étouffée. De l'argent, à vous!… à vous qui avez prodigué à mon fils votre affection votre dévouement inappréciable!… Myrtô, pardonnez-moi! Je vous ai péniblement froissée, n'est-ce pas?
—Un peu, sur le moment, dit-elle avec franchise. Mais j'ai réfléchi ensuite que vous ne pouviez avoir l'intention de me blesser.
Il détourna un peu la tête et se remit en marche. Un long moment, ils s'avancèrent ainsi en silence… Le prince dit enfin, d'un ton bas où passait une intonation de prière:
—Me pardonnerez-vous, Myrtô?
—Oh! n'en doutez pas, je vous en prie! répondit-elle vivement.