Myrtô, d'un geste presque inconscient, porta la main à sa chevelure pour enlever les fleurs, pour les jeter à terre… Mais il étendit la main en disant d'une voix étrangement changée:
—Non, laissez cela, je vous en prie!
En quelques pas, il se trouvait près d'elle. Elle balbutia en baissant les yeux:
—Pardonnez-moi… les enfants se sont amusés…
—Mais que voulez-vous que je vous pardonne, ma pauvre Myrtô? Vous n'avez rien fait de mal, c'est moi qui ai été jusqu'ici un affreux égoïste… car je me doute que vous aimez les fleurs?
—Oui, beaucoup. Je tiens ce goût de ma mère, qui ne pouvait vivre sans en être entourée.
—En ce cas, vous en avez été bien privée ici… Moi aussi, je les aimais passionnément, autrefois…
Il passa la main sur son front et murmura avec une amertume qui fit un peu tressaillir Myrtô:
—Mon tort a été de les envelopper toutes dans la même réprobation. Je n'ai pas voulu réfléchir que s'il existe des fleurs mauvaises, empoisonnées, d'autres sont bonnes, très bonnes, et quelques-unes exquises. Je l'ai compris enfin un jour… et bien qu'il me soit interdit de cueillir celle dont le délicat parfum m'a fait enfin revenir sur mon injuste prévention, je ne vous empêche pas de vous en parer, Myrtô, car les fleurs sont l'ornement naturel des jeunes filles.
Il essayait de parler avec calme, mais Myrtô, surprise, sentait vibrer en lui une émotion intense—un peu douloureuse, semblait-il.