L'institutrice, enlevée à sa douce somnolence, sursauta un peu et écouta un moment.
—Mais je ne sais… Ce serait pourtant si invraisemblable!
Myrtô se leva vivement, elle traversa la pièce voisine et ouvrit la porte donnant sur le vestibule…
Oui, il était là, la physionomie irritée, écoutant les explications embarrassées que lui donnait un domestique courbé devant lui, tandis que, derrière celui-ci, se tenaient d'autres serviteurs, le mine humble et inquiète.
Mais son visage s'éclaira subitement, il s'avança vers Myrtô, la main tendue…
—Myrtô, vous êtes là, au moins!… Macri était en train de m'apprendre que ma mère et mes soeurs ne se trouvaient pas ici, et j'allais lui demander si vous les aviez suivies… Mais vous êtes là! dit-il d'un ton d'allégresse contenue en se penchant pour lui baiser la main.
—Quelle surprise! murmura-t-elle avec une émotion qu'elle ne parvenait pas à réprimer. Je pensais justement combien ce jour de fête serait triste pour vous, là-bas…
—Oui, il l'aurait été terriblement, si, hier, une révélation de l'excellent Père Joaldy n'était venue m'enlever le poids oppressant qui me retenait captif. J'ai immédiatement décidé ce voyage dans l'intention de passer en famille cette fête de Noël. Mais en arrivant, je trouve un vestibule mal éclairé, à peine chauffé, pas de domestiques!… Je sonne, personne ne vient, je resonne de belle façon, ces individus se décident enfin à apparaître…
Et, d'un geste dédaigneux, il désignait les serviteurs dont la contenance n'était rien moins que rassurée.
—Il paraît qu'en l'absence de ma mère, ils se croient permis des négligences et un laisser-aller incroyables…