—Il faut être indulgent, aujourd'hui, mon cousin, c'est la veillée de
Noël, dit doucement Myrtô.

—Soit, je pardonnerai pour cette fois… Serestely, allez préparer mon appartement, ajouta-t-il en s'adressant à son valet de chambre qui se tenait derrière lui, une valise à la main.

Il enleva sa pelisse fourrée, la tendit à un domestique et se tournant vers Myrtô:

—Mais vous a-t-on laissée seule ici?

—Non, Fraulein Rosa est restée aussi.

Il fronça les sourcils et dit d'un ton mécontent:

—Ma mère aurait dû vous éviter cette presque solitude pour ce jour de fête… surtout cette première année après votre pénible deuil… Mais d'ailleurs, si elle est à Selzy, pourquoi ne vous a-t-elle pas emmenée? Les Gisza sont vos parents…

—Sans doute ne veulent-ils pas me reconnaître comme telle, dit pensivement Myrtô. Du reste, je préfère qu'il en soit ainsi, à cause de mon deuil. Il y aura peut-être de grandes réunions à Selzy, ma place n'y était réellement pas.

—Toujours la sagesse même, Myrtô… Mais soyez sans crainte, les
Gisza n'auront bientôt qu'amitiés et sourires pour leur jeune cousine.

—Oh! j'en doute fort!