—Et moi j'en suis certain! dit-il d'un ton péremptoire.

Il s'avança pour saluer Fraulein Rosa qui apparaissait, visiblement stupéfiée par cette arrivée inattendue. Puis il entra avec l'institutrice et Myrtô dans le salon, et dit en jetant un coup d'oeil charmé autour de lui:

—Vous avez su, toutes deux, rendre hospitalière et délicieusement accueillante cette grande vieille pièce trop majestueuse… Avez-vous l'intention de vous rendre à la messe de minuit, Myrtô?

—Oui, Fraulein et moi comptions y assister dans la petite chapelle voisine.

—Je serais heureux de vous y accompagner, si vous me le permettiez?

—Volontiers! dit-elle, une joie soudaine remplissant son âme.

Depuis des années, le prince Milcza n'avait plus assisté à la messe. Si cette fête de Noël pouvait être le point de départ d'une rénovation en lui!

—Alors, je finis la veillée avec vous? dit-il en attirant à lui un fauteuil. Mais restez donc, Fraulein! ajouta-t-il en voyant que l'institutrice prenait son livre et faisait un mouvement pour s'éloigner. Continuez votre lecture… Et Myrtô travaillait à quelque ouvrage charitable, sans doute?

Il prit le petit jupon qu'elle avait jeté sur la table pour s'élancer vers le vestibule, et dit avec émotion:

—Toujours la même, Myrtô!… Les pauvres, les malheureux de corps ou d'âme sont demeurés vos préférés?… Et vous continuez à Vienne vos visites charitables?