—Oh! importantes! dit le prince avec un léger mouvement d'épaules.
—Voyez ce dédaigneux! Que vous fait-il donc, mon cher?
—Bien d'autres choses, je vous assure!… Voyons, je ne veux pas faire languir les curiosités que vous venez d'éveiller, Mathias. Voici les nouvelles… Tout d'abord l'archiduc François-Charles, qui m'honorait autrefois de son amitié et que j'ai retrouvé cet hiver, à Paris, m'informe qu'en gagnant son domaine de Sehancz, dans une quinzaine de jours, il s'arrêtera une journée ici…
—Vraiment, Son Altesse veut bien! s'écria la comtesse Gisèle d'un air ravi.
—Seconde nouvelle, continua le prince avec la même tranquillité. Le comte de Lorgues et sa fille seront ici la semaine prochaine.
—Ah! vraiment, dit Irène d'un ton de vive satisfaction. Tout cela va amener du mouvement à Voraczy, vous serez obligé de donner des fêtes, Arpad…
—Ne vous réjouissez pas, Irène, interrompit le prince d'un ton railleur. Je donnerai une grande réception en l'honneur de Son Altesse, ceci est à peu près obligatoire, mais ce sera tout, mettez-vous bien cette idée dans la tête. M. de Lorgues trouvera de quoi réjouir son âme d'érudit dans la bibliothèque de Voraczy, Madame de Soliers se contentera de simples petites réunions et de promenades. Je n'ai jamais eu l'idée de rien changer pour eux à nos habitudes.
—Vous désolez cette pauvre Irène, Arpad! dit le comte Mathias avec un sourire malicieux. Il est certain que, dans cet admirable cadre de Voraczy, les grandes fêtes semblent tout indiquées… Qu'en dites-vous, ma cousine?
Et attirant une chaise à lui, il s'asseyait près de Myrtô.
Les sourcils du prince Milcza eurent un bref froncement, et, avant que la jeune fille eût pu répondre, il dit avec une sorte de sécheresse impérieuse: