Elle se leva brusquement, la colère lui montant au cerveau, avec une sorte d'affolement qui l'emportait hors d'elle-même…
—Pas demain… aujourd'hui!… Je ne veux rien d'elle, je la hais, cette hypocrite, cette intrigante…
Elle le vit tout à coup debout, son poignet se trouva enserré dans une main dure, des yeux étincelants d'irritation se posèrent sur elle, lui faisant baisser les siens…
—Vous osez l'insulter!… Misérable envieuse, je vous forcerai à lui demander pardon à genoux!
—Vous me faites mal! bégaya Irène.
Il lâcha son poignet et, subitement redevenu maître de lui-même, dit avec un calme glacial:
—Je pense qu'en effet vous n'avez aucun besoin de mon aide pour votre avenir. Arrangez-vous à votre guise, je me désintéresse totalement d'une créature ingrate et sans coeur.
Elle sortit du cabinet de travail, frissonnante et presque livide. A ses oreilles bourdonnantes retentissaient les deniers mots de son frère… Elle gagna le salon et se laissa tomber sur un fauteuil, car ses jambes tremblantes refusaient de la porter.
Des soubresauts nerveux la secouaient des pieds à la tête. Le front contre le dossier du fauteuil, elle pleurait convulsivement, en se tordant les mains.
Une porte s'ouvrit tout à coup. C'était Myrtô les bras remplis de fleurs dont elle venait orner les jardinières du salon.