Elle s'était laissée soigner par sa cousine, d'abord inconsciemment, dans son délire; elle n'avait pas protesté davantage lorsque, la raison lui revenant, elle avait reconnu Myrtô dans cette vigilante garde-malade dont la petite main douce avait apaisé ses plus pénibles accès. Depuis quelques jours, elle semblait réfléchir beaucoup, et sa parole se faisait moins brève, son regard s'adoucissait pour celle qui ne cessait de l'entourer d'un dévouement discret.
Une après-midi très ensoleillée, Myrtô entra, son chapeau sur la tête et dit d'un ton résolu:
—Allons, Irène, vous allez venir faire un tout petit tour avec moi.
Vous vous anémiez, ici, il faut absolument recommencer à sortir.
Irène secoua la tête.
—Pas encore, Myrtô, je ne me sens pas assez forte…
Myrtô se pencha vers elle et lui prit la main en la regardant avec un sourire.
—Dites plutôt que vous avez peur encore?… une peur irraisonnée, enfantine.
Irène rougit un peu.
—Oui, c'est vrai, murmura-t-elle.
—Quelle folie, Irène!… Il m'a chargée de vous dire tous ses regrets, et son désir qu'il ne soit plus question, entre vous et lui, de ce qui s'est passé… Oh! je l'ai bien grondé, je vous assure, pour vous avoir si peu ménagée!