—Oui, grâce à Myrtô! répliqua vivement Irène avec un regard reconnaissant vers sa cousine.
—Vous l'aimez donc maintenant, notre Myrtô? demanda-t-il avec émotion.
Irène sourit et appuya de nouveau sa tête contre l'épaule de sa cousine.
—Que voulez-vous, je fais comme les autres! dit-elle avec une gaieté attendrie.
—Irène, ceci est le mot qui efface les derniers nuages entre nous!
Et le prince Arpad, se penchant vers sa soeur, posa ses lèvres sur son front. C'était son premier baiser fraternel depuis bien des années, et Irène, très émue, y vit le gage d'un pardon entier.
* * * * *
Le mariage du prince Milcza et de Myrtô se célébra vers le milieu de septembre, par une journée si belle, si ensoleillée, qu'il semblait que le ciel lui-même eût voulu fêter les jeunes époux et contribuer à la splendeur de cette cérémonie.
Dans la chapelle trop petite, et ornée de fleurs avec une merveilleuse profusion, se pressaient les nobles invités, parmi lesquels tous les Gisza, sauf le comte Mathias, non encore consolé. Le soleil, traversant les vitraux, inondait de lumière les atours somptueux, mettait un nimbe sur la tête de la jeune mariée admirablement belle dans sa toilette de moire tissée d'argent, et enveloppait de lumière le prince Milcza qui portait avec une inimitable élégance son superbe costume de magnat.
A l'autel, le Père Joaldy offrait le saint sacrifice. L'archevêque de G…, grand-oncle du prince Arpad et un peu parent de Myrtô, avait donné la bénédiction nuptiale après avoir prononcé une délicate allocution sur le devoir conjugal, sur le bonheur, supérieur à toutes les épreuves, qui attend les époux unis dans la même foi, dans la céleste espérance.