Le front de la comtesse se plissa un peu, tandis qu'un léger effarement passait dans le regard de Mitzi.

—Je t'ai déjà dit, Renat, qu'il ne fallait jamais… jamais… Tu le sais bien, voyons!

Le regard hardi de l'enfant se baissa comme sous une mystérieuse menace, qui ne semblait cependant pas exister dans le ton presque apeuré de sa mère.

Dans le salon, après le repas, la conversation se traîna un peu. Les goûts, les habitudes de Myrtô étaient trop différents de ceux de ses parentes, très mondaines, du moins la comtesse et Irène, car Terka semblait beaucoup plus paisible. Aussi, Myrtô ne se heurta-t-elle qu'à de faibles instances lorsqu'elle se leva bientôt pour prendre congé.

—Attendez au moins un peu, le temps que l'on attelle pour vous conduire à la gare, dit la comtesse. Et revenez un de ces jours, quand il vous plaira. J'espère avoir bientôt une réponse de mon fils… Comme je la suppose favorable, il faudrait songer par avance à ce que vous ferez de vos meubles, car notre départ pour Vienne est fixé dans une dizaine de jours. Je pense que vous devrez les vendre…

—J'aurais aimé à conserver la chambre de ma mère, dit Myrtô d'une voix un peu tremblante. Elle n'a qu'une faible valeur, les meubles étant vieux et défraîchis.

—Je comprends ce désir, mon enfant, mais qu'en ferez-vous?… Certes, je n'aurais pas mieux demandé que de les faire enfermer ici, dans une des chambres du second étage, mais cette demeure appartient au prince Milcza, et l'intendant qui gère les propriétés que mon fils possède en France se refusera certainement à faire entrer ici quoi que ce soit sans l'assentiment de son maître. Et ni lui, ni moi n'oserions écrire au prince pour une chose de si petite importance.

—Je réfléchirai… je verrai si je ne puis trouver une combinaison, dit Myrtô.

—C'est cela… Peut-être ces voisines dont vous m'avez parlé vous donneront-elles une idée… Et dites-moi mon enfant, ne craignez pas, s'il vous manque quelque chose…

Myrtô rougit un peu et répliqua vivement: