—C'est cela, allez prendre des forces, Myrtô, car, ou je me trompe fort, vous aurez sous peu à déployer toute votre patience et votre… comment dirais-je? votre humilité. Karoly vous a en grande faveur… Or, vous saurez ce qu'il en coûte de posséder la faveur de Karoly.
—Que voulez-vous dire, Irène? fit Myrtô en la regardant avec surprise.
—Vous le saurez bientôt… et je souhaite charitablement que votre esclavage ne dure pas plus longtemps que le mien.
Elle se mit à rire d'un air moqueur et s'éloigna, laissant Myrtô stupéfiée et perplexe.
CHAPITRE V
Le lendemain matin, en sortant de la chapelle, Myrtô trouva à la porte Constance, la femme de chambre parisienne de la comtesse Zolanyi, qui l'informa que sa maîtresse désirait lui parler.
Myrtô, un peu surprise, la suivit jusqu'à l'appartement de la comtesse. Celle-ci était encore couchée. Elle tendit la main à la jeune fille en s'écriant:
—Arrivez vite, enfant! Mon fils vient de m'envoyer un mot… Du reste, je m'y attendais, après ce qui s'est passé hier. Il paraît que l'enfant n'a fait que parler de vous toute la soirée, et ce matin encore, à peine éveillé. Le prince demande donc que vous passiez la matinée et l'après-midi près de son fils.
—Si cela peut faire plaisir au pauvre petit, certainement… Mais j'ai ce matin la leçon de Renat…
La comtesse leva les mains au ciel.