Elle le prit par la main, et tous deux s'en allèrent à travers le parc, gagnant ainsi un chemin qui devait les conduire plus vite vers le logis de l'ispan Buhocz.
C'était une demeure de riante apparence, entourée d'un jardin bien entretenu. Sur le seuil, une forte femme blonde, à la mine décidée et un peu dure, berçait un petit enfant.
—Miklos!… Que t'est-il arrivé? s'écria-t-elle avec inquiétude, tout en saluant Myrtô.
—Quelque chose de fort ennuyeux, mais non heureusement de très grave, s'empressa de répondre Myrtô.
Sur le seuil apparaissait l'ispan, petit homme aux traits accentués et à la physionomie sèche, que Myrtô se rappela avoir rencontré deux ou trois fois au château.
Lui aussi la reconnut et s'inclina avec empressement.
—Quelle circonstance nous vaut l'honneur de la visite de Votre Grâce?
—Je vais vous expliquer… Allons, mon petit Miklos, n'ayez pas peur, dit Myrtô en posant sa main sur la tête de l'enfant tout tremblant.
—Peur?… Pourquoi?… A-t-il fait quelque sottise? dit l'ispan d'un ton menaçant.
Myrtô fit alors le récit de ce qui s'était passé… L'ispan bondit, le regard furieux, tandis que sa femme s'écriait avec colère: