—Nous lui en faisons dire une tous les soirs, mademoiselle Myrtô… Et vous savez, si vous avez besoin de n'importe quoi, nous sommes là, toutes prêtes à vous rendre service.

—Oui, je connais votre coeur, dit Myrtô en tendant la main aux deux femmes. Merci, merci… Maintenant, je vais vite retrouver ma pauvre maman.

Lorsque la jeune fille eut disparu, Madame Millon posa la lettre sur la table, non sans jeter un coup d'oeil sur la suscription.

—Comtesse Zolanyi, palais Milcza… Ces dames ne nous ont jamais dit grand'chose sur elles-mêmes, mais j'ai idée, Titine, qu'elles sont d'une grande famille. L'autre jour pendant que j'étais près de Madame Elyanni, j'ai remarqué, sur un joli mouchoir fin dont elle se servait, une petite couronne brodée.

—Et mademoiselle Myrtô a des manières de princesse qui lui viennent tout naturellement, cela se voit, si elle pouvait donc avoir des parents qui l'accueillent, qui l'aiment comme elle le mérite!… Car la pauvre dame n'a plus guère à vivre, maman.

—Hélas! non! Si elle passe la nuit, ce sera tout… Pauvre petite demoiselle Myrtô! Ca me fend le coeur, vois-tu, Titine!

Et l'excellente personne sortit son mouchoir, tandis que sa fille, serrant les lèvres pour dominer son émotion, entrait dans la chambre voisine pour mettre son chapeau.

Pendant ce temps, Myrtô, rentrée dans la chambre de sa mère, s'occupait à défaire le petit autel. Elle allait et venait doucement, incomparablement élégante et svelte, avec des mouvements d'une grâce infinie.

—Myrtô!

Elle s'approcha du lit… Madame Elyanni saisit sa main en disant: