Elle s'élança au dehors, oubliant sa coiffure négligée, ne songeant plus qu'à l'enfant atteint, peut-être, par la terrible maladie.

Elle rencontra la comtesse un peu affolée, qui se dirigeait vers l'appartement de son fils.

—Myrtô, c'est effrayant!… Comment cela a-t-il pu se produire! gémit-elle. Mais peut-être se trompe-t-on?

—Dieu le veuille! murmura Myrtô avec ferveur.

Elles entrèrent toutes les deux dans le salon qui précédait la pièce où l'enfant demeurait durant la journée. Le prince Milcza, debout, causait avec le médecin qui habitait toujours le château, attaché à la personne du petit prince. Le jeune magnat tourna la tête, et Myrtô se sentit le coeur serré devant l'effrayante altération de ses traits, devant la sourde angoisse de ces prunelles sombres.

—Arpad, ce n'est pas "cela"? s'écria la voix haletante de la comtesse.

Le visage du prince se crispa, sa voix, presque rauque, répondit:

—Oui, c'est cela.

—Mon Dieu, mon Dieu! murmura la comtesse en joignant les mains.

Le regard du prince se posa sur Myrtô qui demeurait immobile près de la porte, n'osant avancer.