Et dès lors elle avança hardiment.
De l’intérieur d’une de ces roches, plus vaste que des autres, s’échappait un bruit de musique et de chants. C’était l’église. Les religieux, dont les cellules étaient groupées autour, réunis dans le saint lieu, célébraient en ce moment l’office et chantaient les louanges de l’Éternel.
Dourounèche s’agenouilla à l’entrée du sanctuaire. Et lorsque la longue file des moines, une fois les prières terminées, se fut déroulée devant elle en silence, le prieur qui venait après eux, apercevant ce jeune homme prosterné, s’arrêta et lui dit :
— Qui que tu sois, ô mon fils, tu peux te réfugier sans crainte à l’ombre de cet asile inviolable. Dès l’heure où tu en as touché le seuil, l’ange de la miséricorde t’a couvert de son aile.
Et Dourounèche, rassurée par ces paroles, leva les yeux et s’écria :
— O mon père, c’est au titre d’enfant de cette demeure austère que j’aspire. Par la Madone dont vous êtes le serviteur, laissez-moi, sous votre autorité, tenter avec ces saints religieux de me frayer une route vers le ciel.
Le prieur, la relevant, la bénit et lui dit :
— Sois le bienvenu parmi nous, ô mon fils !
Et se tournant vers les siens :
— Mes frères, ajouta-t-il, désormais le troupeau compte une brebis de plus.