— La France va donc se rapprocher de nous, me dit en arabe Hadji-Achmed-Ben-Saïd.

— Comment cela ?

— N’a-t-elle pas déjà pris possession des Bogos ?

— Nullement ; elle n’a fait que leur envoyer des secours, parce qu’ils mouraient de faim.

— Eh quoi ! cet argent qu’elle leur distribue, ce n’est point pour les acheter ?

— Non.

— Et elle le leur donne gratuitement, sans compensation ?

— Absolument.

— La France est une puissante nation, noble et riche ; que la main de Dieu s’étende sur ses enfants !… Pourtant, ajouta-t-il avec un soupir, je l’avais espéré. Des Bogos elle aurait pu venir à nous, et nous protéger à notre tour contre les menaces et la rapacité des Égyptiens. Allah est grand ; il ne l’a pas voulu.

— Mais, répliquai-je, voulant pénétrer les sentiments de mon interlocuteur, à défaut de la France, peut-être les Anglais…