J’étais assez au courant des mœurs locales pour être sûr d’un accueil empressé.
Cinq minutes plus tard, à un coude du sentier, nous le quittions pour franchir le lit du torrent, et remonter vers le sud.
Un détour nous remit en présence de nos amateurs du matin. Ils marchaient en chantant un rondeau populaire, et rimé dans leur langue comme chez nous :
Hadja, mennit, réko dib la mahas mâlè ;
Hier, à minuit, j’ai rencontré Hadja, là-bas, dans le torrent ;
Ana etoualépa od hêta tedjemâlè,
Je me suis retourné vers elle, et elle m’a souri avec complaisance.
Routoub mogabata, châfèg ellatâlè.
Elle a les jambes bien fines, cela ne va pas pour marcher vite.
Aïnab ouelde bêtâlè,