— Non, non ! Desta, ne cherche pas à m’ébranler, ni à m’effrayer par la menace puérile d’un malheur ou d’un danger !… Encore une fois, mène-moi à cet arbre. Je suis prêt à tout braver.

— Eh bien ! demain, à la première heure, nous sortirons de la ville et nous nous rendrons à la forêt voisine. Là, je te montrerai l’arbre et te fournirai les moyens d’affronter l’épreuve.

Le lendemain, le jour n’était pas levé qu’Hagos, déjà debout, entrait chez Desta pour l’inviter à partir. Celui-ci était prêt, et bientôt ils cheminèrent côte à côte dans la direction d’une haute montagne, visible à travers les brouillards du lointain, et au pied de laquelle s’étendait la forêt, but de leur excursion. Le soleil était haut dans le ciel lorsqu’ils en atteignirent les premiers fourrés.

— L’arbre n’est plus loin à présent, dit alors Desta, qui, jusque-là, avait gardé le silence. Mais avant que l’entreprise soit devenue irrévocable, réfléchis, Hagos ! Il est encore temps. Qui peut répondre des écarts de la fortune ?

— Rien ne saurait me dissuader, Desta ; ma décision est prise. Tu m’as promis de me montrer l’arbre : où est-il ?…

— Quelques pas, et nous allons le voir.

Derrière une petite colline, dans un repli de vallon, un gros arbre isolé apparut bientôt. Desta reconnut le sien.

— Le voilà, dit-il.

Entre les racines le trou était toujours béant. D’après la description de son ami, Hagos le reconnut aussi.

— En effet, c’est bien cela, s’écria-t-il avec joie. Et maintenant, que faut-il faire ?…