«—Cela est singulier.
«—Et qu'y a-t-il donc de singulier là dedans?...
«—Rien qu'une aventure qu'il a eue ces jours passés avec une dame de Banza, seule comme vous, dévote comme vous, retirée du monde comme vous. Mais je vais vous en faire le conte: cela vous amusera peut-être?
«—Sans doute, reprit Fanni;» et tout de suite l'ami d'Amisadar se mit à lui raconter son aventure, mot pour mot, comme moi, dit le bijou; et quand il en fut où j'en suis...
«—Eh bien! madame, qu'en pensez-vous? lui dit-il; Amisadar n'est-il pas fortuné?
«—Mais, lui répondit Fanni, Amisadar est peut-être un menteur; croyez-vous qu'il y ait des femmes assez osées pour s'abandonner sans pudeur?...
«—Mais considérez, madame, lui répliqua Marsupha, qu'Amisadar n'a nommé personne, et qu'il n'est pas vraisemblable qu'il nous en ait imposé.
«—J'entrevois ce que c'est, reprit Fanni: Amisadar a de l'esprit; il est bien fait: il aura donné à cette pauvre recluse des idées de volupté qui l'auront entraînée. Oui, c'est cela. Ces gens-là sont dangereux pour qui les écoute; et entre eux Amisadar est unique...
«—Quoi donc, madame, interrompit Marsupha, Amisadar serait-il le seul homme qui sût persuader, et ne rendrez-vous point justice à d'autres qui méritent autant que lui un peu de part dans votre estime?
«—Et de qui parlez-vous, s'il vous plaît?