«—De moi, madame, qui vous trouve charmante, et...
«—C'est pour plaisanter, je crois. Envisagez-moi donc, Marsupha. Je n'ai ni rouge ni mouches. Le battant-l'œil ne me va point. Je suis à faire peur...
«—Vous vous trompez, madame: ce déshabillé vous sied à ravir. Il vous donne un air si touchant, si tendre!...»
«A ces propos galants Marsupha en ajouta d'autres. Je me mis insensiblement de la conversation; et quand Marsupha eut fini avec moi, il reprit avec ma maîtresse:
«Sérieusement, Amisadar a tenté votre conversion? c'est un homme admirable pour les conversions! Pourriez-vous me communiquer un échantillon de sa morale? Je gagerais bien qu'elle diffère peu de la mienne.
«—Nous avons traité certains points de galanterie à fond. Nous avons analysé la différence de la femme tendre et de la femme galante. Il en est, lui, pour les femmes tendres.
«—Et vous aussi sans doute?...
«—Point du tout, mon cher. Je me suis épuisée à lui démontrer que nous étions toutes les unes comme les autres, et que nous agissions par les mêmes principes. Il n'est pas de cet avis. Il établit des distinctions à l'infini, mais qui n'existent, je crois, que dans son imagination. Il s'est fait je ne sais quelle créature idéale, une chimère de femme, un être de raison coiffé.
«—Madame, lui répondit Marsupha, je connais Amisadar. C'est un garçon qui a du sens et qui a fréquenté les femmes. S'il vous a dit qu'il y en avait...
«—Oh! qu'il y en ait ou qu'il n'y en ait pas, je ne m'accommoderais point de leurs façons, interrompit Fanni.