«—Eh bien! après avoir tout tenté vainement pour vous plaire, je me suis retourné de ce côté-là. On me désirait depuis plus de six mois, deux entrevues m'ont aplani les approches; une troisième achèvera mon bonheur, et ce soir Martéza m'attend à souper. Elle est d'un commerce amusant, légère, un peu caustique; mais du reste, c'est la meilleure créature du monde. On fait mieux ses petites affaires avec ces folles-là, qu'avec des collets montés, qui...

«—Mais, seigneur, interrompit Cydalise, la vue baissée, en vous faisant compliment sur votre choix, pourrait-on vous observer que Martéza n'est pas neuve, et qu'avant vous elle a compté des amants?...

«—Qu'importe, madame? repris-je; si Martéza m'aime sincèrement, je me regarderai comme le premier. Mais l'heure de mon rendez-vous approche, permettez...

«—Encore un mot, seigneur. Est-il bien vrai que Martéza vous aime?

«—Je le crois.

«—Et vous l'aimez? ajouta Cydalise.

«—Madame, lui répondis-je, vous m'avez jeté vous-même dans les bras de Martéza; c'est vous en dire assez.»

«J'allais sortir; mais Cydalise me tira par mon doliman, et se retourna brusquement.

«Madame me veut-elle quelque chose? a-t-elle quelque ordre à me donner?

«—Non, monsieur; comment, vous voilà? Je vous croyais déjà bien loin.