«—Et de quoi vous affligez-vous?...
«—Hélas!...
«—Parlez, mademoiselle; qu'avez-vous?...
«—Rien...
«—Comment, rien?...
«—Non, rien du tout; et c'est là mon chagrin: il y a deux ans que j'eus le malheur d'offenser une Pagode qui m'ôta tout. Il y avait si peu de chose à faire, qu'elle ne donna pas en cela une grande marque de sa puissance. Depuis ce temps, tous les hommes me fuient et me fuiront, a dit la Pagode, jusqu'à ce qu'il s'en rencontre un qui, connaissant mon malheur, s'attache à moi, et m'aime telle que je suis.
«—Qu'entends-je? s'écria Hilas. Ce malheureux que vous voyez à vos genoux n'a rien non plus; et c'est aussi sa maladie. Il eut, il y a quelque temps, le malheur d'offenser une Pagode qui lui ôta ce qu'il avait; et, sans vanité, c'était quelque chose. Depuis ce temps toutes les femmes le fuient et le fuieront, a dit la Pagode, jusqu'à ce qu'il s'en rencontre une qui, connaissant son malheur, s'attache à lui, et l'aime tel qu'il est.
«—Serait-il bien possible? demanda la jeune fille.
«—Ce que vous m'avez dit est-il vrai?... demanda Hilas.
«—Voyez, répondit la jeune fille.