Le prince fut mécontent de ce qu'on avait laissé un de ses enfants en si mauvaises mains. «Ah! prince, ajouta le député, la fée l'a rendu tout joli; il a des mutineries tout à fait amusantes. Il veut tout ce qu'il voit; il crie à désespérer ses gouvernantes, jusqu'à ce qu'il soit satisfait; il casse, il brise, il mord, il égratigne; la fée a défendu qu'on le contredît sur quoi que ce soit.»

Ici le député se mit à sourire.

«De quoi souriez-vous? lui dit le prince.

—D'une de ses espiègleries.

—Quelle est-elle?

—Un soir, qu'on était sur le point de servir, il lui prit en fantaisie de pisser dans les plats; et on le laissa faire. Le moment suivant, il voulut que sa marraine lui montrât son derrière, et il fallut le contenter. Il ne s'en tint pas là...»

LA SULTANE.

Le moment suivant, il voulut qu'elle le montrât à tout le monde.

LE PREMIER ÉMIR.

C'est ce que le député ajouta. «Allez, vieux fou, lui repartit le prince; vous ne savez ce que vous dites. Cet enfant est menacé de n'être qu'un écervelé, et d'en avoir l'obligation à sa marraine. Il vaudrait encore mieux qu'il fût chez sa grand'mère. Je vous ordonne, sur votre longue barbe, que je vous ferai couper jusqu'au vif, de le retenir la première fois que Coribella l'enverra chez nos vierges, qui achèveraient de le gâter.»