« Comme tous les autres malades, la femme a droit à votre humanité et à votre bienveillance. »

Si le professeur admet que tous les autres malades ont droit à l’humanité et à la bienveillance, la recommandation est inutile, à moins cependant qu’il n’ait parmi ses élèves un certain nombre de Hottentots, de Hurons et d’Iroquois.

« Mais ce n’est pas assez, vous devez être prévenants et retenus. »

Comment ! monsieur, vous êtes obligé en pareil cas de prêcher la retenue à vos élèves ! vraiment j’en frissonne : ce sont donc des cipayes capables de tout ?

« Il arrive parfois que provoquée par l’intensité de ses douleurs, la femme en travail laisse échapper des reproches. »

Ah ! monsieur, si elle ne laissait jamais rien échapper de plus désagréable, il n’y aurait que des compliments à lui faire.

« N’entreprenez jamais un accouchement sans vous être, au préalable, lavé soigneusement les mains. »

Tous les goûts sont dans la nature, il y a des gens qui préfèrent se les laver après ; M. McClintock n’est point de cet avis, il a peut-être des raisons qu’il ne fait pas connaître pour ne se les laver que dans les grandes occasions et en cas d’absolue nécessité, car il semble ne pas le faire après s’être exposé au contact des choses fâcheuses que la main du médecin est exposée à subir ; ce qui le prouve, c’est qu’il dit :

« Je vous fais cette recommandation parce que les faits ont démontré que la fièvre puerpérale peut être produite par l’inoculation de parcelles purulentes provenant d’ulcères, d’abcès, et transportées par les doigts de l’accoucheur. »

Il est clair que s’il se lavait les mains après avoir touché des ulcères, des abcès, etc., il les aurait propres lorsqu’il aurait un accouchement à faire.