— Donne-moi mes socques articulés, Baptiste, mes pantoufles prennent l’eau.
Après avoir longuement examiné et constaté son phénomène végétal, le savant vient se recoucher. Une heure après Baptiste se pend de nouveau à la couverture de son maître.
— Monsieur, monsieur !
— Hein ! qu’est-ce qu’il y a, Baptiste ?
— J’ai entendu des craquements dans la tige du gladiolus gandavensis rubens, je crois qu’il va donner un coup de collier.
— Diable ! Tombe-t-il encore de l’eau, Baptiste ?
— Pas une goutte, monsieur.
— Ah ! tant mieux.
— Seulement il neige à plein temps.
Voilà l’existence nocturne de M. Duchartre ; quand il en est quitte pour deux fluxions de poitrine dans sa saison, il trouve qu’il est né sous une heureuse étoile. Son domestique a moins de chance, il ne dure jamais plus d’un an. On l’appelle toujours Baptiste, mais ce n’est pas le même. On voit sur les plates-bandes quatorze petites croix noires, indiquant que du haut des cieux (leur demeure dernière) quatorze domestiques de M. Duchartre surveillent encore sa végétation.