Si la police cléricale compte des romanciers, elle compte aussi des faussaires habiles à altérer les textes.
Je lis dans la pétition : « Un autre professeur quelques jours après faisait en ces termes l’apologie de Malthus : « Là où croît l’aisance, s’accroît aussi la sollicitude paternelle en vertu de laquelle on ménage le nombre de ses enfants. »
Autant de faussetés que de mots, et votre estafier mérite au moins quinze jours d’in pace. Il ne s’agit plus de paroles qui s’envolent sans qu’on en puisse retrouver la trace ; le discours a, par hasard, été imprimé, et les écrits restent pour la condamnation des falsificateurs.
1o L’orateur, le docteur Broca, l’éminent savant, n’était pas professeur à l’époque où ce discours a été prononcé ;
2o Ce n’est point à la Faculté, mais à l’Académie de médecine, que ce discours a été prononcé ;
3o Il n’était nullement question de Malthus dans l’affaire, et M. Broca est l’adversaire et non l’apologiste dudit Malthus ;
4o La phrase GUILLEMETÉE dans la pétition (c’est-à-dire qui devrait être rigoureusement copiée) a été fabriquée au moyen de deux membres de phrases tronqués, dont l’un se trouve à la page 11, et l’autre à la page 12 du texte imprimé ;
5o Voici le texte exact du discours.
« Le phénomène qui nous occupe est la conséquence naturelle d’une loi que les économistes ont proclamée, savoir que, dans une population quelque peu serrée, tout ce qui tend à diminuer le nombre des prolétaires tend par cela même à ralentir la natalité. (P. 11.) »