En chimie : qu’une femme qui se retourne peut être transformée en sel de cuisine.

En physique : que l’eau peut former des murailles verticales.

En cosmologie : que le soleil tourne autour de la terre, et qu’on peut l’arrêter dans sa course.

En géologie : que les montagnes dansent comme des chèvres, et que les collines sautent comme des béliers, etc., etc.

Ces doctrines sont plus rigoureusement orthodoxes que celles professées à la Faculté ; cependant, si on les exposait aux étudiants, je suis certain qu’ils danseraient comme des chèvres, sauteraient comme des béliers, mugiraient comme la mer en furie, et lanceraient des projectiles comme des volcans en éruption.

En résumé, mon bon Giraud, supposons que la majorité du Sénat accepte comme des vérités les inexactitudes, les balivernes et les cancans contenus dans votre pétition : la prise en considération la fera renvoyer à M. Duruy ; et savez-vous ce qu’il en fera ? Je n’ose pas vous le dire, et cependant c’est le seul service qu’elle aura rendu à l’humanité.

Méditez la fable du serpent et de la lime. La lime, c’est la science lentement forgée par les efforts du génie humain ; le serpent, si vous allez parfois à la messe, vous en rencontrerez au moins un dans les environs du lutrin.


En fouillant dans vos souvenirs bibliques, vous retrouvez en Judée un grand lac triste, morne et immobile, dont les émanations méphitiques éloignent les êtres vivants : c’est le lac Asphaltique, la mer Morte.

Ses flots sombres et lourds laissent passer la brise sans daigner se soulever ; il faut, pour blanchir leur crête, le souffle puissant de la tempête. Ces eaux funèbres n’ont de tressaillements que lorsque les ouragans fouettent la terre de leurs dévastations.