A propos de choléra, l’administration vient de publier le nombre des victimes de l’épidémie, la liste est définitivement close ; et les personnes qui sont dans l’intention de mourir sont invitées à choisir un autre genre de trépas. Les plus grandes recommandations seraient insuffisantes pour obtenir même une simple cholérine, le registre est fermé, on n’en fait plus.
Le chiffre total des décès s’est élevé, pour Paris, à 5,838 ; le 20e arrondissement, qui a été le plus épargné, en compte 77, et le 17e, le plus rigoureusement frappé, 423.
M. Coupevent-Desbois vient de présenter à l’Institut un travail sur la hauteur des vagues de la mer. Les navigateurs ne seront pas fâchés de savoir jusqu’où peut aller la colère de l’Océan quand il entre en furie. M. Coupevent-Desbois, qui a fait un peu plus que le tour du monde dans ses voyages d’exploration, a pu s’en rendre un compte exact. Il a donc pris la mesure des plus hautes vagues que les efforts de la tempête lancent vers les cieux. Ce qui est un peu plus difficile que de prendre la mesure d’un gilet ou d’un pantalon.
J’ai souvent entendu parler de lames hautes comme des montagnes, mais j’y croyais sur la foi d’autrui, n’en ayant jamais vu. Il est vrai que j’ai plus fréquenté les bords de la Seine que ceux de la grande mer. Au temps de l’Iliade, Neptune, encore jeune, avait peut-être assez de vigueur pour soulever les flots en montagnes liquides.
Mais il paraît en avoir considérablement rabattu, et, d’après le savant navigateur auquel j’emprunte mes documents, les vagues du calme n’auraient que soixante-dix centimètres de hauteur, et les plus hautes lames de la tempête un maximum de huit mètres soixante-dix, avec une longueur de cinq cents mètres. C’est encore une assez jolie dimension. Mais elle n’a rien d’humiliant pour les Pyrénées et même pour les buttes Montmartre.
M. le ministre d’État a nommé une commission chargée de faire un rapport sur ce qui concerne l’histoire anthropologique et ethnologique des races humaines présentes à l’Exposition. Cette commission est composée de MM. de Quatrefages, Pruner-Bey et Lartet. Voilà des savants chargés d’une lourde besogne, car l’Exposition va nous amener les représentants de tous les pays civilisés et de ceux qui désirent le devenir.
L’ethnologie, c’est-à-dire l’histoire des mœurs et des coutumes des diverses nations modernes, est assez bien connue, et sur cette question on possède des documents considérables, mais l’histoire anthropologique des races, c’est-à-dire leur origine, leurs migrations à travers les siècles, les mélanges qui ont altéré leurs types primitifs, voilà un écheveau terriblement difficile à débrouiller, même si on restreint cette étude à une seule nation.
En général, on sait mieux ce qui se passe dans sa propre maison que dans celle du voisin. Eh bien ! en ce qui concerne la France, on ignore complétement quels furent ses premiers habitants.