J’ose affirmer que le bonhomme n’a rien voulu dire de tout cela : son bandage est fait comme celui de tout le monde, mais son voisin a imaginé un bandage à pelotes chirurgicales ; vite il a fait le bandage à pelotes anatomiques pour ne pas être dépassé par le progrès, et si on l’ennuie, il en fera un à pelote hygiénico-thérapeutico-chimico-botanico-pathologique. Le mot est peut-être un peu long, mais le public sera bien forcé de convenir que son auteur est un homme terriblement savant ; et cependant, si vous lui demandiez de vous expliquer ce que signifie : Ne sutor ultra crepidam, je suis sûr qu’il serait embarrassé.

Pelotes anatomiques ! voilà de ces tours que la science joue aux Béotiens qui se permettent de batifoler avec elle.


Il y a des gens qui ne peuvent se décider à assumer la responsabilité d’une opinion.

Je fus appelé, il y a quelques jours, près d’un malade âgé d’environ quarante ans, que j’interrogeais devant sa mère. La bonne dame m’aidait autant que possible de ses renseignements ; après plusieurs autres questions, je demandai au malade :

— Êtes-vous constipé ?

— Constipé ?… Répondez donc, ma mère ; monsieur demande si je suis constipé.


Lorsque les grands journaux se mettent à faire preuve d’ignorance, ils ne font pas les choses à demi. J’ai lu dans un journal politique l’histoire qui suit :

« Un incendie dû à une cause singulière s’est manifesté hier chez un parfumeur du faubourg Saint-Martin. »