Indépendamment de ses préparations d’anatomie humaine, M. Auzoux a reproduit, de grandeur naturelle, le cheval et le gorille.

Il a choisi dans chaque ordre d’animaux : oiseaux, poissons, reptiles, insectes, un sujet comme type de l’espèce ; tout cela se démonte en morceaux, pour qu’on puisse interroger les détails de l’organisation. Son hanneton considérablement amplifié est un véritable chef-d’œuvre ; les végétaux ont fourni leur contingent à ce musée de l’histoire des êtres organisés.

Depuis de longues années M. Auzoux fait le dimanche un cours gratuit destiné aux gens du monde. Là il expose les phénomènes de la vie animale et végétale. Cette science vulgarisée est autrement intéressante que les conférences où vous allez parfois vous endormir.


Chaque fois que la justice humaine applique la peine du talion à un meurtrier, on entend de plaintives élégies contre la peine de mort. Et cependant, on applaudit à un brillant fait d’armes, qui coûte la vie à quelques milliers de braves gens. La fumée de la gloire cache les morts, et la douleur des familles qui pleurent un fils ou un frère, n’a qu’un bien faible écho dans l’allégresse générale.

Singulier caractère que le nôtre ! il faut avoir un grand fond de sensibilité à gaspiller pour s’attendrir sur les quelques secondes de souffrance que subissent des gredins qui n’ont pas l’habitude de ménager les tortures à leurs victimes.

Si un honnête homme, qu’on ne connaît pas, succombe dans son lit à une fluxion de poitrine, on en accueille la nouvelle avec une parfaite indifférence ; on semble dire :

— Qu’est-ce que cela me fait ?

S’il est écrasé sous une voiture, on le plaint très-sincèrement.

— Ah ! quel malheur ; c’est affreux !